Le Front national est créé le 5 octobre 1972. Lors du deuxième congrès de l’organisation Ordre nouveau des 10 et 11 juin, il a été décidé, à la suite d’un vote, de participer aux élections législatives de 1973 au sein d’une structure plus large, nommée « Front national ». Le 5 octobre 1972 est réellement créé le « Front national pour l’unité française », communément appelé « Front national ». Jean-Marie Le Pen en devient le premier président. Les cadres du parti s’organisent autour de François Brigneau, de Roger Holeindre, de Pierre Bousquet et de Jean-Pierre Stirbois qui forment le bureau national du FN.
Jusqu’au début des années 1980, le parti, alors fortement concurrencé par le Parti des forces nouvelles, ne décolle pas tant du point de vue du nombre d’adhérents que des résultats électoraux. Aux élections cantonales de 1982, Jean-Pierre Stirbois crée la surprise en obtenant 12,6 % à Dreux. Le Front national obtient son plus gros score sur le plan national le 17 juin 1984 lors des élections européennes. Ce score lui permet d’avoir dix élus au Parlement européen. Le 16 mars 1986, après le passage au scrutin proportionnel pour les législatives, promesse de campagne de François Mitterrand permettant opportunément d’atténuer une défaite programmée10, le Front national entre à l’Assemblée nationale et obtient 35 sièges.

Décrit par Bruno Mégret comme un « parti artisanal », « sans cohérence politique ni idéologique », et « constitué de multiples chapelles issues de l’extrême droite et d’une masse de militants et de cadres nouveaux, venus pour beaucoup du RPR », le Front National rassemble des personnalités hétéroclites et des courants parfois antagonistes11. En 1988, Bruno Mégret devient le délégué général du FN, devenant ainsi le rival de Jean-Pierre Stirbois au sein du FN, d’autant plus qu’il devient l’un des leaders du FN dans la région PACA. Après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, l’exécutif du FN voit arriver de nouvelles têtes autour de Bruno Mégret, comme Carl Lang ou Bruno Gollnisch.
Dans les années 1990, le FN prend une place de plus en plus importante dans la vie politique française. Ses campagnes s’axent sur la dénonciation de la corruption qui toucherait les grands partis français comme le PS ou le RPR. Le FN vise ainsi les déçus des partis ayant gouvernés les décennies précédentes.
En décembre 1998, Bruno Mégret alors numéro deux du Front national quitte le parti pour fonder ce qui deviendra le Mouvement national républicain.

Logo du FN lors de la campagne présidentielle de 2002.
En 2002, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l’élection présidentielle avec 16,86 % au premier tour. Après de nombreux appels (et manifestations) à voter pour Jacques Chirac, son adversaire, de tous les bords politiques, — à l’exception notable de certains partis d’extrême gauche dont Lutte ouvrière —, il obtient le plus faible score jamais atteint (17,79 %) dans un second tour d’une élection présidentielle de la Ve République.
En 2004, les opposants de Le Pen au sein du bureau national comme Jacques Bompard et Marie-France Stirbois sont mis à l’écart. En 2006, Louis Aliot est désigné secrétaire général du parti. Le 20 décembre 2006, renonçant à se présenter lui-même, Bruno Mégret se rallie à la candidature de Jean-Marie Le Pen.
À partir de 2007, le FN subit une importante érosion de son influence électorale. Jean-Marie Le Pen n’obtient que 10,44 % des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle de 2007 (soit plus de 6 points de moins qu’en 2002), arrivant en quatrième position derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Le FN s’effondre ensuite à 4,3 % lors des élections législatives ayant eu lieu dans la foulée (moins 7 points par rapport au scrutin précédent). Une seule candidate, Marine Le Pen, se maintient au second tour dans sa circonscription et est battue. Ce sont les plus mauvais résultats du FN lors d’élections nationales depuis la fin des années 1980. Cet effondrement est confirmé l’année suivante lors des élections municipales, au cours desquelles les candidats du FN, qui éprouvent souvent des difficultés financières à constituer des listes, obtiennent des résultats extrêmement faibles (0,93 % des suffrages exprimés au premier tour, 0,28 % au second et seulement une soixantaine de conseillers municipaux). Le bilan des cantonales ayant eu lieu simultanément apparaît moins désastreux mais confirme lui aussi une nette tendance à la baisse (4,85 % des suffrages exprimés au niveau national au premier tour, contre 12,13 % lors du scrutin précédent, en 2004). Cette baisse d’influence s’accompagne de problèmes financiers importants qui ont notamment conduit à la vente du siège du Front national à Saint-Cloud12,13.
Le Front national doit par ailleurs faire face à la concurrence que lui oppose le MPF de Philippe de Villiers, qui défend des idées proches et qui a vu le rejoindre quelques anciens membres du FN, notamment les deux seuls maires affiliés au parti, tels Jacques Bompard, maire d’Orange, mais dont les deux fédérations corses ont rejoint le FN.
Fin 2008, le parti se retrouve en difficulté financière avec une dette de 8 millions d’euros et en grande perte de vitesse électorale sur fond de succession difficile à sa tête14. En octobre 2008, le parlementaire européen Jean-Claude Martinez, vice-président du Front national, fait dissidence : il annonce sa décision de présenter en juin 2009 dans la circonscription Sud-Ouest sa propre liste « MVL-Maison de la vie et de la liberté » face à celle du FN et de présenter une liste MVL dans toutes les autres circonscriptions. Un autre parlementaire européen, Fernand Le Rachinel, se rallie aussitôt à cette initiative. Le 13 novembre 2008, le député européen Carl Lang annonce qu’il monte sa propre liste dans la circonscription Nord-Ouest face à Marine Le Pen investie par le parti.
Le 8 septembre 2009, lors de la réunion de son parti, Jean-Marie Le Pen confirme son intention de prendre sa retraite après les régionales de 2010, où il sera candidat en PACA.
Lors des élections régionales de 2010, le parti rebondit dans un contexte d’abstention record. Avec 11,42 % des voix au premier tour, il se maintient au second tour dans 12 régions. Le score est en retrait par rapport aux régionales de 2004, mais le parti réussit à progresser dans toutes les régions où ses listes restent en lice et atteint 17,5 % des voix au second tour.

Les candidats à la présidence du Front national en 2010 : les deux vice-présidents exécutifs, Marine Le Pen, à gauche, et Bruno Gollnisch, à droite, lors du traditionnel défilé du 1er mai du FN.
Le 12 avril 2010, le bureau politique a décidé que le prochain congrès du Front national aura lieu les 15 et 16 janvier 2011. Il aura pour but de désigner le nouveau président du parti puisque Jean-Marie Le Pen a indiqué qu’il ne serait pas candidat à sa succession. Deux candidats sont déclarés : Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, tous deux vice-présidents exécutifs du parti et députés européens. Lors du congrès de Tours le 16 janvier 2011, Marine Le Pen devient la présidente du parti, avec un taux de participation de 76,45 %, recueillant 67,65 % des voix16,17. Jean-Marie Le Pen devient lui président d’honneur du parti.

Louis Aliot
Vice-président (en charge du projet)

Marie-Christine Arnautu
Vice-présidente (chargée des affaires sociales)

Nicolas Bay
Délégué national à la Communication électorale

Bruno Bilde
Chef de Cabinet de Marine Le Pen

Christophe Boudot
Secrétaire départemental du Rhône

Marie-Christine Boutonnet

Steeve Briois
Secrétaire Général

Jacques Colombier
Secrétaire départemental du FN en Gironde

Eric Domard
Directeur de Cabinet de Marine Le Pen

Jean-Michel Dubois
Secrétaire National à l’Outre-Mer

Pascal Erre
Conseiller Régional de Champagne-Ardenne

Huguette Fatna
Conseillère Régionale d’Alsace

Edouard Ferrand
Conseiller Régional de Bourgogne

Bruno Gollnisch
Conseiller régional de Rhône-Alpes

Thierry Gourlot
Conseiller Régional de Lorraine

Françoise Grolet
Conseiller régional de Lorraine

Michel Guiniot
Conseiller Régional de Picardie

Jean-François Jalkh
Délégué Général

Alain Jamet
1er Vice-président

France Jamet
Conseillère Régionale du Languedoc-Roussillon

Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie
Secrétaire départemental en Charente-Maritime

Jean-Marie Le Pen
Président d’Honneur

Marine Le Pen
Présidente

Sandrine Leroy
Conseiller Régional de Picardie

Philippe Loiseau
Conseiller Régional du Centre

Dominique Martin
Conseiller Régional de Rhône-Alpes

David Mascré
Délégué National aux études et argumentaires

Joëlle Mélin
Conseiller Régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur

Sophie Montel
Conseillère Régionale de Franche-Comté

Brigitte Neveux