Politicien, PP, Ppolitique, Présidentielle 2012, Union pour un Mouvement Populaire

Claude GUÉANT

Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration depuis février 2011.

Claude Guéant est devenu la tête de Turc de la gauche. Ses propos controversés tranchent avec le souvenir qu’il a laissé en Bretagne d’un préfet de Région au profil de républicain intègre, travailleur discret et sans aspérités.

Claude GUÉANT est né le 17 janvier 1945 à Vimy (Pas-de-Calais).
Chevalier de la Légion d’Honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite.
Licence en droit, I.E.P. Paris, E.N.A.

- 01/05/1969 Elève de l’E.N.A. (Promotion « Thomas More »).
- 01/06/1971 Administrateur civil de 2è classe affecté au ministère de l’intérieur.
- 11/07/1971 Sous-préfet de 2è classe, directeur de cabinet du préfet du Finistère.
- 01/12/1974 Secrétaire général pour les affaires économiques de la Guadeloupe.
- 21/07/1977 Conseiller technique au cabinet du ministre de l’intérieur.
- 09/09/1981 Sous-préfet hors classe, secrétaire général pour les affaires régionales du Centre.
- 15/04/1985 Secrétaire général de la préfecture de l’Hérault (1re catégorie).
- 30/10/1986 Secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine (1re catégorie).
- 26/08/1991 Préfet des Hautes-Alpes.
- 15/07/1992 Titularisé préfet.
- 05/04/1993 Préfet hors cadre, directeur adjoint du cabinet du ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire.
- 17/09/1994 Directeur général de la police nationale
- 09/02/1998 Préfet de la région Franche-Comté, préfet du Doubs (hors classe).
- 17/07/2000 Préfet de la région Bretagne, préfet de la zone de défense Ouest, préfet d’Ille-et-Vilaine (hors classe).
- 16/05/2002 Préfet hors cadre (hors classe). Directeur du cabinet du ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
- 01/04/2004 Directeur du cabinet du ministre d’État, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie.
- 01/12/2004 Préfet hors cadre (hors classe), détaché Conseiller du Président du conseil général des Hauts-de-Seine.
- 01/05/2005 Directeur de cabinet du Président du conseil général des Hauts-de-Seine.
- 08/06/2005 Préfet hors cadre (hors classe).
- 09/06/2005 Directeur du cabinet du ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire.
- 15/01/2007 Disponibilités pour convenances personnelles.
- 07/05/2007 Préfet hors cadre (hors classe).
- 16/05/2007 Secrétaire général de la Présidence de la République.

Article ci-dessous vu sur le telegramme.com (René Perez)

Nicolas Sarkozy y a mis la forme. Lors de son interview commune avec Angela Merkel, il a solennellement soutenu Claude Guéant, son ministre de l’Intérieur, dont les propos sur «les civilisations qui ne se valent pas toutes» ont provoqué un tollé à gauche. En d’autres temps, cette petite phrase lâchée devant un cénacle d’étudiants, aurait pu passer inaperçue. Mais rien de ce que dit Claude Guéant n’est aujourd’hui ni fortuit, ni gratuit, tant la parole qu’il porte semble résonner d’un écho présidentiel. Sarkozy-Guéant, c’est depuis dix ans un tandem soudé, intellectuellement fusionnel mais sans la moindre démonstration d’effusion. Le vouvoiement est de rigueur et depuis qu’il l’a choisi, en 2002, pour diriger son cabinet de ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a conservé une confiance sans faille à sa doublure taillée sur mesure.

Les préfets de l’Élysée

À l’Élysée, pour le seconder, le président élu n’a de toute évidence pas voulu de politiciens qui lui ressemblent. Avec Claude Guéant au secrétariat général et Christian Frémont pour diriger son cabinet, Nicolas Sarkozy a choisi deux anciens préfets de région, tous deux passés par la Bretagne. Deux bosseurs. Et deux habitués des arcanes du pouvoir au point que Guéant en arriva vite à tirer les ficelles, reléguant Fillon dans ce costume étroit de Mister Nobody qui semblait le condamner à une sortie programmée. Mais les hauts fonctionnaires ont rarement l’onction des élus de la France profonde. Et la grogne suscitée par la réforme des collectivités locales a fini par déstabiliser l’attelage, la fronde des élus et les difficultés du temps faisant remonter Fillon dans l’organigramme du pouvoir, aussi efficacement que le coup de pied au fond de la piscine.

D’une pierre, trois coups

Nouvelle donne et nouvelle étape dans le parcours de l’homme du président. En février2011, Claude Guéant est nommé ministre de l’Intérieur, le poste de confiance en période préélectorale. Mais ce transfert est aussi l’occasion de déminer le terrain. Hortefeux est cramoisi par quelques dérapages et maladresses, Fillon, chouchou des élus, ne supporte plus la présence du Premier ministre-bis et l’ombrageux Alain Juppé est tout aussi indisposé par l’interventionnisme du «Cardinal» dans le réseau planétaire de la diplomatie française. D’une pierre, trois coups. En confiant le ministère de l’Intérieur à Claude Guéant, Nicolas Sarkozy a stabilisé le trio. Avec la garantie que l’ex-préfet de Région Bretagne, fort de l’expérience acquise au ministère de l’Intérieur, était l’homme de la situation pour diriger ce corps d’État dans la période sensible d’une campagne électorale.

Du Hortefeux

Mais à ce poste profilé pour lui, Claude Guéant, l’homme de l’ombre, s’est lancé sur un terrain où on ne l’attendait pas. L’ex-préfet de Région, jadis si lisse et réservé, s’est mis à son tour à faire du Hortefeux. Voire du boutefeu. Ses propos à Nantes, stigmatisant «l’accroissement du nombre de fidèles à cette religion (l’islam) entraînant des comportements qui posent problème», l’avaient déjà désigné à la vindicte d’une gauche requinquée. Depuis, de petites phrases en courtes déclarations, d’immigration en civilisations, Claude Guéant s’est installé dans un registre qui ne lui ressemble pas, besogne la moins intellectuellement valorisante mais la plus électoralement payante. C’est du moins le pari qui semble être fait pour ne pas laisser Marine Le Pen occuper seule ce terrain et éviter à Nicolas Sarkozy d’aller encore y perdre une once de crédibilité auprès de la droite républicaine. Guéant s’est positionné. Par conviction ou par mission? La réponse est probablement à chercher dans l’itinéraire de ce haut fonctionnaire dont le profil aura toujours été celui d’un homme de devoir.

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