Actualité Politique du 3 février 2012

Villepin à Argenteuil pour parler banlieue (Le Parisien, 03/02/2012)

Est ce que Dominique de Villepin a voulu faire un pied de nez à Nicolas Sarkozy en allant à Argenteuil (Val d’Oise) ? Pas vraiment… Il s’agissait seulement d’une nouvelle étape dans sa campagne discrète mais continue. Vendredi matin, l’ancien Premier ministre a choisi cette ville emblématique pour y évoquer ses propositions pour les banlieues. Nicolas Sarkozy n’y est retourné qu’une fois loin des caméras Cette commune proche de Paris essaie de se débarrasser cette image emblématique qui lui colle à la peau, à cause de Nicolas Sarkozy. Il y a certes des quartiers populaires mais un épisode a particulièrement marqué les esprits. C’est ici qu’en 2005, lors d’une déplacement nocturne, le Président de la République, alors ministre de l’Intérieur s’était retrouvé au coeur d’une polémique en déclarant : «Vous en avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser». Une déclaration qui avait alors soulevé une vague d’indignation dans les banlieues qui se sont senties stigmatisées. Depuis le Président de la République qui avait promis d’y revenir, n’y est retourné qu’une fois le 19 décembre dernier en visite «off», pour revoir Martine Millet, une infirmière rencontrée dans une émission télévisée sur TF1. Mais il n’a jamais remis un pied sur la Dalle, la place au coeur de la cité, devenue un lieu de «tourisme politique» comme le dénoncent les élus locaux. « Il ne m’a pas demandé mon parrainage », s’amuse le maire socialiste Dominique de Villepin n’a pas succombé à la tentation de provoquer Nicolas Sarkozy en se promenant ce vendredi avec des caméras sur la Dalle. Le Chiraquien historique y a préféré le tranquille marché Héloise, pour une sortie plus classique. Accompagné d’Azouz Begag, ancien ministre -en conflit ouvert avec Nicolas Sarkozy-, il a également rencontré Philippe Doucet, le maire … socialiste de la ville. Un entretien dans «la pure tradition républicaine» avec un ancien Premier ministre, selon l’édile. «Personne ne doute de mes convictions, s’amuse Philippe Doucet, un des représentants de François Hollande dans le Val-d’Oise. Je ne lui donnerai pas mon parrainage, qu’il ne m’a d’ailleurs pas demandé». « Il y un problème de méthode en banlieue » selon Villepin Le déplacement s’est terminé par un déjeuner avec une poignée d’entrepreneurs. En simultané, le candidat listait sur son compte twitter une liste de propositions pour la banlieue : «Mettre en place de véritables maisons de service public pour que l’Etat y soit encore plus présent qu’ailleurs, allouer plus de moyens éducatifs en incitant par exemple statutairement et financièrement les enseignants, passer d’une logique de zones prioritaires à un accompagnement ciblé des élèves en difficulté, de 3 à 18 ans…». «Il y un problème de méthode pour régler les problèmes que rencontrent nos banlieues, critique-t-il, proposant de développer des conseils de quartier. Un système déjà mis en place dans la ville. Marie Poussel